L’ASCENSEUR DES GLIERES :

Qu’y a-t-il de « nouveau » dans l’Unité
Touristique Nouvelle des Glières : on applique la même approche :
faciliter l’accès et augmenter la fréquentation (pardon « améliorer
l’attractivité »), se placer en concurrence tout cela validé par une
pseudo-démarche de développement durable qui vise à montrer que la solution
sera écologique en termes de production d’équivalent carbone (à condition bien
entendu que le scénario imaginé se déroule bien selon les projections
exposées).
En ce sens, la
Communauté de Communes Faucigny Glières, qui a identifié dans le SCoT le
plateau des Glières comme site touristique stratégique, a souhaité trouver une
réponse d’une part aux questions de mobilité et de réduction des gaz à effets
de serre et d’autre part a affiché le souhait d’envisager à terme un plateau
des Glières sans voitures.
Afin d’envisager un
plateau sans voiture, le projet consiste à remplacer ce mode d’accès par la
mise en place d’un transport en commun en site propre sous la forme d’un
ascenseur au départ de Petit-Bornand les Glières (investissement 24
mios d’€, coût exploitation / an : 600 k€), sans
création d’hébergements touristiques.(Par « sans création
d’hébergements touristiques », il faut bien entendu entendre que ce projet
n’inclut pas de création d’hébergements immédiates, ce qui ne signifie pas
qu’il n’y en aura pas à plus long terme – il est évidemment pertinent de
saucissonner le dossier : d’abord on crée l’infrastructure qui va
« aspirer » la fréquentation, puis par la suite on
« devra » créer des hébergements sur le site même et autres à cause
de la demande).
En fait un projet qui entraîne 1) à terme un
report de l’ensemble du trafic d’accès au plateau sur un axe routier unique
(qui supporte déjà un trafic conséquent et qui reste, en particulier en hiver,
« délicat ») (c.f. extraits 1,4 et 5) ; 2) un report de
pollution (la gare de départ est estimée à un équivalent de 330 équivalent
habitant pour une population du village de 650 habitants, soit un impact
équivalent à la moitié de la population du village) sur la commune du
Petit-Bornand (c.f. extrait 2); 3) une augmentation de l’attractivité du site laissant imaginer à terme une augmentation de la
pression sur le site et le développement futur d’infrastructures touristiques
sur le plateau.
DES CONTRADICTIONS :
Entre les objectifs annoncés
> La nécessité
d’améliorer l’attractivité de ce site touristique à
forte fréquentation qu’elle qualifie de « pôle touristique générateur de
déplacements ».
> L’enjeux que
représente l’accès aux sites touristiques, d’une part pour faire face à la concurrence touristique internationale et d’autre
part pour faciliter une accessibilité à tous en préservant des nuisances liées
à l’afflux de véhicules.
Et les conséquences évoquées :
Le téléporté n’a pas
pour vocation un renforcement et/ou un développement de la fréquentation ou
d’activités générant plus de fréquentation. Les effets de la pratique des
espaces naturels resteront donc similaires à ceux qui peuvent exister
aujourd’hui.
Le téléporté n’a pas
pour vocation un renforcement et/ou un développement de la fréquentation ou
d’activités générant plus de fréquentation sur le plateau. Néanmoins il s’agira
de limiter la multiplication des éléments autour du terminal d’arrivée
(limitation de la signalétique, limitation des nouveaux cheminements, raccord
aux voiries existantes…).
Comment en effet imaginer :
D’augmenter l’attractivité sans créer une augmentation de
la fréquentation du site (d’autant que cette situation est déjà envisagée
dans la solution « laisser faire » (c.f. extrait 3)? Ni que cette
augmentation de fréquentation n’entraîne à terme une pression (comme cela est
envisagé là encore dans le scénario du laisser-faire – c.f. extrait 3).
Comment aussi être certain :
-D’une part d’un report « automatique » d’une
partie du trafic de la route d’accès par Thorens vers Petit Bornand (c.f.
extrait 1).
- D’autre part l’utilisation « automatique »
d’un mode de transport certes confortable, mais payant par l’ensemble des
usagers actuels de l’accès par Petit Bornand (au risque même de reporter une
partie du trafic en sens inverse ?) (c.f. extrait 1)
Extrait 1
93 % des visiteurs du
plateau utilisent leur véhicule personnel. Les 7 % restants arrivent par car et
concernent majoritairement les déplacements scolaires pour l’enseignement du
ski de fond.
Les 2 zones de
stationnement existantes sur le site à l’arrivée de chacune des 2 routes sont
rapidement saturées en période de forte fréquentation. L’image de ce
stationnement laisse souvent une forte impression négative aux visiteurs
recherchant un lieu de nature vierge.
En moyenne, sur les
périodes de forte fréquentation (vacances été / hiver) 11 véhicules/heure
empruntent la route des Glières l’hiver (56 véhicules / heure côté
Thorens_Glières).
Les pics hivernaux de
fréquentation constatés font état de :
> 173 véhicules (465
personnes) côté Petit_Bornand_les_Glières le 17/02/08,
> 997 véhicules (2 758
personnes) côté Thorens_Glières le 24/02/08 Au regard de ces résultats, le site
accueille potentiellement en une journée de forte fréquentation hivernale
jusqu’à plus de 3 200 personnes (soit plus de 1 100 véhicules).
Seuls 38 % des
comptages enregistrés côté Thorens_Glières proviennent de la zone
Annecy_Thorens_Glières. Cela laisse envisager que 62 % effectuent un report
modal sur cette route de Thorens_Glières par commodité et proviennent du
secteur vallée de l’Arve, Agglomération Franco_Valdo genevoise et Aravis. A
titre déclaratif, 50 % de conducteurs de véhicules interrogés font un détour en
passant par la route de Thorens_Glières, en connaissance de
cause.
Extrait 2
La commune de
Petit_Bornand_les_Glières ne dispose aujourd’hui d’aucun système
d’assainissement collectif. Un projet est cependant à l’étude ; il prévoit la
réalisation d’un système de traitement des eaux usées en contrebas du chef lieu
de Petit_ Bornand_les_Glières (pour environ 650 équivalents_habitants). Il
traitera les eaux de la majorité du chef lieu (et du Villard) et sera complété
par un système similaire pour les hameaux des Houches et de Beffay en rive
gauche du torrent du Borne.
Les besoins
d’assainissement engendrés par le téléporté sont estimés à partir de la
fréquentation attendue. Sur la base de 1 000 personnes par jour, le volume de
pollution est évalué à 330 équivalents_habitants. Les traitements seront
différents selon qu’il s’agisse de la gare amont ou aval. La future station
d’épuration programmée au village de Petit_Bornand_les_Glières permettra le
traitement de 650 EH, avec une capacité d’extension de 350 EH. La gare de
départ pourra donc être raccordée à la future station d’épuration après que les
travaux d’extension aient été réalisés.
Extrait 3
3 solutions sont envisagées : laisser faire,
protection et gestion maitrisée (sachant que les 3 sont présentées -
caricatures complètes pour les solutions laisser faire et
protection - de façon à ce que n’importe quel
« nigaud » trouve immédiatement la bonne solution parmi les 3)
LA SOLUTION DU
«
LAISSER FAIRE
»
En matière de gestion
de l’espace :
> Le choix du
laisser-faire laisse présager que, les effets de contexte entraînant, le site
viendrait à subir une massive augmentation de sa fréquentation.
> Cette
sur-fréquentation du site développerait également sa mercantilisation, et la
demande aidant, la multiplication des demandes de lieux de restauration, voire
d’hébergements.
> Cette augmentation
aurait par voie de conséquence un effet sur un besoin accru de places de
stationnement sur le site, dont l’anarchie ne saurait être régulée que par la
matérialisation de surfaces de stationnement nouvelles, en
enrobé.
> La multiplicité des
activités et la difficile cohabitation entre chacune d’entre elle contribuerait
à augmenter les surfaces consacrées à chacune d’entre elles, au détriment de la
surface naturelle.
Extrait 4
Le stationnement
initial (360 places) sera organisé de manière à minimiser l’impact
sur
les espaces agricoles
autour de la gare de départ au village de Petit_Bornand_les_
Glières ; il sera
aérien et est donc positionné en contre-haut de cette gare, sur un secteur
boisé sans enjeu particulier. Dans un second temps, selon l’évolution de la
fréquentation, une capacité d’accueil supplémentaire de 300 places pourra être
aménagée entre la gare et le village. La création d’un parking souterrain dans
ce secteur à enjeu agricole est envisageable.
Extrait 5
La route
départementale RD 12 qui dessert le village de Petit_Bornand_les_Glières
est
calibrée pour un
débit de 10 000 véhicules / jour en hiver. Elle semble donc
suffisamment
dimensionnée pour accueillir le flux de véhicules
supplémentaires
engendrés par
l’implantation du téléporté (jusqu’à 400 véhicules / jour en plus,
au
maximum, soit
4%).