DESOLYMPIQUONS-NOUS
Par LM le mercredi 29 octobre 2008, 21:05 - Questions de société - Lien permanent
A
l'heure où il est question d 'organiser des Jeux Olympiques d'hiver à Annecy,
nous vous proposons la lecture de ce billet d'humeur dont l'auteur est Gilles
Maistre, adhérent des Verts et maire d'Entremont. Ce texte a été publié dans le
bulletin communal d'Entremont en mai 2008:
Le boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en Chine a fait au départ la « une » des médias…avec une valse hésitation dans les allées du pouvoir : y aller ou pas !
Comme chacun sait, on ne transige pas, en France, avec le respect des droits de l’Homme !
Puis un tremblement de terre meurtrier a enseveli non seulement des milliers d’écoliers (victimes de constructions plus éphémères que le régime en place !) mais également tout débat sur cette manifestation.
Cette catastrophe arrivée opportunément pour occulter toute réflexion critique a permis aux pouvoirs politiques et sportifs de ranimer discrètement une flamme vacillante.
Puisqu’ils auront lieu et seront un événement mondial cristallisant l’attention de milliards de concitoyens nous vous proposons quelques pistes de réflexion justifiant à nos yeux le boycott, par les spectateurs, de ce grand cirque voué à l’hypocrisie et à la manipulation de masse ! (le sport « opium » du peuple !). N’en déplaise à nos politiciens qui manient avec des pincettes les gouvernements totalitaires et considèrent que le poids des JO est moins négligeable dans notre balance commerciale que l’avenir du peuple tibétain !
Bien évidemment, en tant que militants non–violents, nous souhaitons en tous lieux privilégier « les jeux de l’amour à ceux de la guerre » …Nous tenons à éviter également de sombrer dans cet angélisme sportif en rappelant quelques évidences : la beauté du spectacle ne saurait faire oublier ce qui se trame en coulisses.
- Le sport est un outil formidable d’endormissement des populations dont les médias assurent une promotion publicitaire vitale pour eux. Le mythe d’un monde sportif apolitique est une supercherie savamment entretenue par les sponsors « très intéressés » de tous bords !
- La vitrine sportive d’amitié entre les peuples n’est qu’un leurre pour mieux imposer la dictature du capitaliste international (qu’il soit d’Etat ou privé) qui ne fait pas dans le détail !
- L’idéologie sportive sacralisant la compétition et l’instituant comme valeur universelle devient un véritable fléau au regard des enjeux environnementaux, économiques et sociaux à respecter pour préserver notre planète.
- Le sportif devient l’ instrument d’un chauvinisme obsolète brandit par les pouvoirs en place pour insuffler l’éternel refrain de l’unité fraternelle de toutes les couches sociales! « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »…
- La loi du « toujours plus vite, plus haut et plus loin » est bien évidemment la porte ouverte à toutes les manipulations, chirurgicales, pharmaceutiques et pourquoi pas demain génétiques Pour quand un tigre dans notre ADN ?
Oui, à travers les Jeux Olympiques, le CIO, lobby commercial fonctionnant comme une institution religieuse, utilise un vernis d’idées généreuses pour masquer la réalité de systèmes économiques et politiques destructeurs!
Nous le concédons, chaque constatation mériterait d’être davantage commentée…
Elles auront, nous l’espérons, le mérite de jeter « un pavé dans la marge » et d’ouvrir le débat salutaire, même si la remise en cause du « tabou sportif » est une position difficilement acceptée de nos jours, malgré le poing levé aux JO de Mexico en 68!
Partisan de la « simplicité volontaire », de l’émergence d’autres rapports entre les peuples, de la mise en œuvre, pour tous les producteurs d’un commerce équitable, nous considérons que l’idéologie sportive actuelle doit être dépassée.
Le plaisir de vivre des activités
physiques, de les partager avec les autres, ne doit pas être soumis au filtre
réducteur du credo compétitif.
Nos rapports avec nous-même, aux autres, à la nature doivent connaître une révolution rédemptrice…et sortir de cette impasse.
Il est temps de remplacer l’idéologie du « toujours plus fort » par celle de la coopération et du « mieux vivre ensemble »
Gilles Maistre