La Neige de culture :

tournesol Quelques éléments en vrac et pour ce qu'ils valent: La mise en place de la neige de culture pose plusieurs problèmes: contrairement à ce qu'on essaie de nous vendre, elle pose des questions d'impacts sur le milieu, elle "évite" aux stations d'avoir à se poser la question de l'évolution du tourisme d'hiver vers un tourisme diversifié et doux, elle facilite le développement des installations de ski (puisque elle "libère" du souci de la météo): - Les canons à neige sont devenus un élément incontournable pour les stations, comme un moyen de garantir aux touristes qu'il y aura de la neige quelque soit la situation météo. On en arrive inévitablement à des dérives où la question n'est plus de s'équiper pour compléter le manteau neigeux sur le pistes, mais d'installer un réseau "qui se voit" à vocation promotionnelle. - l'utilisation n'est même plus une utilisation d'appoint: on a vu l'année dernière des stations qui malgré l'excellente couverture de neige ont produit tout ce qu'elles ont pu en neige artificielle "en prévision" et pour prolonger la saison aussi longtemps que possible. - l'impact sur le milieu naturel est inévitable: on modifie et perturbe le circuit naturel de l'eau. Prétendre que ça n'a pas de conséquences en particulier à long terme: l'argument massue des stations est de dire que l'eau n'est pas prélevée, mais empruntée... - L'eau est effectivement seulement "empruntée", mais de façon massive à des périodes qui ne sont pas forcément favorables (d'autant que l'accueil des touristes implique aussi de grandes variations dans le prélèvement de l'eau à usage domestique) , et si le stockage dans les retenues permet de gérer les prélèvements, il a forcément des conséquences sur le milieu naturel (on retient artificiellement de l'eau pendant une période donnée). - A terme, économiquement, avec les conséquences du réchauffement climatique global, l'acharnement que les stations de basses et moyennes montagnes montrent à développer la neige de culture est inconséquent. Ces installations sont coûteuses - elles impliquent bien souvent des fonds publics sous forme de subventions. Mais à long terme, elles vont s'avérer inutiles. Il ne suffit pas d'avoir un canon à neige pour produire, il faut avoir des températures suffisamment basses et la fenêtre de températures favorables à la fabrication de la neige va en se restreignant et elle touche surtout la basse et moyenne montagne. Plutôt que de se remettre en question et d'investir maintenant dans un autre type de tourisme, ces stations s'entêtent à maintenir leur équipement (ce qui est logique: le tourisme en montagne est uniquement organisé autour du ski et des stations, si une station "abandonne" le ski, elle abandonne de fait l'activité de tourisme). Cette situation pose accessoirement de gros problèmes de péréquation d'aménagement et de développement sur l'ensemble du territoire entre communes "touristiques" et les autres, qui n'arrivent pas à développer une activité touristique propre.