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lundi 30 novembre 2009

ETRE FRANCAIS C'EST QUOI ? DE MALIKA BENARAB ATTOU DEPUTE EUROPEENE VERTE D ' EUROPE ECOLOGIE POUR NOTRE REGION

Malika BENARAB ATTOU voulant réagir d'une façon plus importante que, par un commentaire, aux articles de la commémoration du 8 mai 1945, nous a fait parvenir ce texte, compte tenu de sa qualité, nous lui avons laissé “Blog-Libre“ et publions son post intégralement.

Etre Francais c est quoi

Bonjour en ce beau vendredi 8 mai 2009, J'étais à la cérémonie du 8 mai 45 tout à l'heure et c'est vrai que les combattants africains, maghrébins étaient les grands oubliés de la commémoration et de l'hommage rendus aux morts à Chambéry aujourd’hui. Malgré un très lourd tribut en vies perdues pour nous permettre de vivre en paix aujourd’hui en France. Pire, le scandale perdure car le traitement des pensions continue à être inégal aujourd’hui malgré la revalorisation mise en place. On continue à mégoter.

Le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), association indépendante à but non lucratif estime que les « concessions » du gouvernement ont très insatisfaisantes et ne résolvent que très partiellement le problème posé par les lois de « cristallisation ». Et de déplorer que l’annonce ne concerne que la retraite du combattant (soit environ 500 euros par an) et les pensions militaires d'invalidité et non l'ensemble des pensions civiles et militaires versées aux anciens fonctionnaires.

Quantitativement il y a bien plus de pensions de retraite ou de pensions de réversion versées que de retraites du combattant ou de pensions d'invalidité » précise l'organisation sur son site Internet. « Ce sont donc des demi-mesures, des bricolages à minima qui ne résoudront pas la situation d'un grand nombre d'anciens fonctionnaires des ex-colonies » conclut le Gisti. Ferhat ABBAS, ce grand homme profondément démocrate et humaniste qui croyait aux valeurs affichées par la République française s’est trouvé face à un Etat colonial, dominateur, discriminant.

C’est ainsi que l’écrivain est devenu indépendantiste et révolutionnaire au nom même de ces valeurs. Le plus républicain n’est pas toujours celui qu’on croit. Je suis franco-algérienne, africaine-européenne, héritière de l'histoire de ces peuples. Prise dans la passion franco-algérienne, qui est le reflet de cet amour de la liberté et de l’égalité et de cette intimité secrète que partagent ces deux peuples qui ne veulent pas reconnaître l'un en l’autre un eux-même nourri à des histoires différentes.

Les français (on pourrait élargir aux européens) héritiers de la révolution française, de la philosophie des Lumières et de ses valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité, et les algériens (on pourrait dire plus largement les maghrébins) qui se situent dans la lignée des peuples berbères et arabes , fiers de leur liberté, farouches combattants de cette rive sud de la Méditerranée, avides d’égalité se saluant toujours en s'appelant frères (aghma, khoya). Etre Francais c est quoi ;

Aujourd’hui, franco-algérienne, africaine-européenne, je veux réconcilier ces deux sources de mon identité : celle des Lumières et des valeurs qu’elles portent et celle de la culture des peuples anciens de la berbérité (peuple amazigh) et de la méditerranée plus largement, unis par cette mer autour de laquelle ils vivent, échangent depuis des millénaires. Ces peuples qui ont créé ensemble une culture singulière, forte, creuset d’un art de vivre et d’une civilisation à part entière : mediterranéenne.

Les identités, enracinées dans l’histoire et la vie des peuples sont plurielles, il faut en prendre conscience et ne pas se mutiler en se représentant comme un être unidimensionnel. C’est possible, c’est le moment mais à certaines conditions : au-delà de l’affichage des valeurs, reconnaître en France les concitoyens musulmans, d’origine maghrébine ou africaine comme des concitoyens à part entière, ne plus voir en l’Islam (comme on le faisait à l’époque de l’indigénat) une barrière qui cimente une altérité qui déshumanise l’autre. Il faudra bien que les Français regardent leurs voisins et compatriotes tels qu’ils sont et non tels qu’ils les fantasment.

Car l’Islam est un humanisme et la majorité des musulmans en France et au Maghreb vivent cet Islam débonnaire qui les ouvre à la spiritualité et à la fraternité. Bien sûr qu’il y a des hommes qui instrumentalisent l’Islam pour des objectifs de pouvoir, de puissance, mais toute religion et toute philosophie peut être et a été peu ou prou ainsi manipulée à des fins qui sont propres à certains acteurs. Je me suis retrouvée dans l’après-midi même à une terrasse près de 3 jeunes hommes français d’origine maghrébine et nous avons commencé à discuter.

Toute l’histoire coloniale est revenue : bien que des valeurs soient clamées haut et fort (Liberté-Egalité-Fraternité) ces jeunes se vivent dans une société qui ne leur donne pas leur place, parce que d’origine maghrébine, parce que musulmans. Le sentiment de fraternité est celui qui manque le plus cruellement aujourd’hui : comment être frères quand on vous rejette et discrimine du fait de votre origine ou de votre religion ? Sans reconnaissance rien n'est possible. Tant que la France n’aura pas fait un travail sur son histoire coloniale et tant qu’elle n’aura pas reconnue les faits et les errements de sa politique dans les colonies et en Algérie en particulier, alors le « refoulé » continuera à travailler malgré elle la société française et des comportements inconscients viendront contredire les belles valeurs inscrites à tous les frontons.

Etre français ce n’est pas être blanc ou catholique (désolée M. Gallo) c’est s’inscrire dans les valeurs de la République. Et il faudra bien prendre conscience que le visage de celle-ci a un peu changé, qu’il a pris une couleur plus mate et que la religion qui ouvre l’esprit et le coeur des citoyens français peut aussi être l’Islam.

Malika BENARAB ATTOU Malika soutient des sans papiers

mercredi 25 novembre 2009

LE SCANDALE DE LA BAISE DE TVA DANS LA RESTAURATION

Communiqué de presse du 25 novembre 2009

TVA sur la restauration : la triple peine

tournesol Le Sénat a rejeté la possibilité de relever la TVA sur la restauration à son taux initial de 19,6 %. Pourtant, il est aujourd'hui clair que le secteur n'a pas baissé ses prix – les statistiques sont à ce titre cruellement éloquentes – ni créé d'emplois ou amélioré les conditions de travail de ses salariés. Cette baisse coûte trois milliards d'euros par an, soit quasiment l'équivalent du coût grand emprunt sur une décennie.

Pour les contribuables français, c'est la triple peine. Cette subvention aux restaurants aurait été mieux employée dans des secteurs d'avenir stratégiques tels l'éducation ou l'énergie. Etant donné l'état lamentable des finances publiques, son financement se fait en réalité par l'emprunt. Ainsi, en plus des trois milliards, on devra également payer l'intérêt de la dette qu'elle engendre dans le budget de l'Etat. Mais surtout, et on l'oublie souvent, l'autorisation de cette baisse a été obtenue de nos partenaires européens à condition qu'on interdise toute baisse de TVA future, enterrant durablement la possibilité de mettre en place une TVA écologique. Tout cela, le gouvernement ne l'ignore pas.

La majorité fait semblant en commission de vouloir remonter la TVA pour voter ensuite comme un seul homme le maintien de sa baisse. Ce n'est qu'une gesticulation malhonnête.

mercredi 18 novembre 2009

GRIPPE A : LE FIASCO DE LA VACCINATION GENERALE

Communiqué de presse du 18 novembre 2009

Grippe A : Le fiasco de la vaccination générale

tournesol Effets secondaires de la canicule et du sang contaminé ? Influence occulte des labos ? En tout cas l’excès de zèle des autorités françaises a produit un plan délirant de vaccination générale contre la grippe A qui, au final, pourrait avoir des conséquences sanitaires négatives.

Un plan disproportionné. La France est le seul pays à avoir choisi la vaccination générale de toute la population et a commandé pour cela 94 millions de doses, soit deux fois plus que les Etats Unis, et 10 % du stock mondial. Bravo pour la solidarité avec le reste de la Planète ! Les Français étaient censés se ruer sur le vaccin. On a donc mis en place un dispositif exceptionnel de centres de vaccination dans les gymnases. A la guerre comme à la guerre ! Curieusement, les médecins généralistes sont exclus du dispositif. Ce sont pourtant eux qui connaissent les patients et à eux qu’on demande conseil. Spontanément ils recommandent le plus souvent, et avec bon sens, le vaccin aux personnes fragiles (10 % des cas) et pas aux autres. Bien sûr ce plan fou a un coût exorbitant : 1,5 milliards d’euros, deux fois le plan cancer, au moment où le personnel dénonce le manque de moyens chronique dont souffre l’hôpital !

Une communication ratée. La communication du gouvernement, qui relève de l’exploitation politicienne d’un problème de santé publique, a accumulé les erreurs : Une dramatisation à outrance au départ puis le virus du siècle n’est bientôt plus qu’une grippette. (La vérité est sûrement entre les deux !) Des risques liés à la vaccination niés bêtement alors qu’ils sont probables, comme pour tout vaccin et même tout médicament. Certaines clauses du contrat avec les labos, qui les exonèrent de toute responsabilité en cas d’effets secondaires, alimentent la suspicion. Une proximité de certains responsables de la santé publique avec les labos mêmes qui vendent le vaccin difficilement justifiable. Bref ! Les Français ont l’impression d’être pris pour des imbéciles, le doute s’installe, les centres de vaccination sont déserts.

Des conséquences sanitaires inquiétantes. Ce ratage monumental pourrait faire sourire mais les conséquences sanitaires risquent d’ être dramatiques. En voulant trop en faire on est peut-être en train de rater l’essentiel: la prise en charge des populations les plus fragiles.

Il est grand temps de revenir à des mesures de bon sens et de rétablir la confiance : - Renoncer à la vaccination générale pour se concentrer d’abord sur les populations à risque. - Réintroduire les généralistes dans le dispositif, comme c’est les cas pour les grippes saisonnières et comme le font d’autres pays. - Suspendre les centres de vaccination et ne les rouvrir qu’en cas de nécessité. - Nommer un comité d’experts indépendants pour surveiller les effets secondaires du vaccin de façon transparente.

Jean Louis Roumégas, Porte-parole

PS :Enfin espérons que l’enquête menée par l’Office Parlementaires d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques dont les rapporteurs sont Marie Blandin, sénatrice verte et J Pierre Door, député UMP, fera la lumière sur les conditions dans lesquelles ce plan a été arrêté.

dimanche 1 novembre 2009

REFEXIONS SUR LA NEIGE ARTIFICIELLE

La Neige de culture :

tournesol Quelques éléments en vrac et pour ce qu'ils valent: La mise en place de la neige de culture pose plusieurs problèmes: contrairement à ce qu'on essaie de nous vendre, elle pose des questions d'impacts sur le milieu, elle "évite" aux stations d'avoir à se poser la question de l'évolution du tourisme d'hiver vers un tourisme diversifié et doux, elle facilite le développement des installations de ski (puisque elle "libère" du souci de la météo): - Les canons à neige sont devenus un élément incontournable pour les stations, comme un moyen de garantir aux touristes qu'il y aura de la neige quelque soit la situation météo. On en arrive inévitablement à des dérives où la question n'est plus de s'équiper pour compléter le manteau neigeux sur le pistes, mais d'installer un réseau "qui se voit" à vocation promotionnelle. - l'utilisation n'est même plus une utilisation d'appoint: on a vu l'année dernière des stations qui malgré l'excellente couverture de neige ont produit tout ce qu'elles ont pu en neige artificielle "en prévision" et pour prolonger la saison aussi longtemps que possible. - l'impact sur le milieu naturel est inévitable: on modifie et perturbe le circuit naturel de l'eau. Prétendre que ça n'a pas de conséquences en particulier à long terme: l'argument massue des stations est de dire que l'eau n'est pas prélevée, mais empruntée... - L'eau est effectivement seulement "empruntée", mais de façon massive à des périodes qui ne sont pas forcément favorables (d'autant que l'accueil des touristes implique aussi de grandes variations dans le prélèvement de l'eau à usage domestique) , et si le stockage dans les retenues permet de gérer les prélèvements, il a forcément des conséquences sur le milieu naturel (on retient artificiellement de l'eau pendant une période donnée). - A terme, économiquement, avec les conséquences du réchauffement climatique global, l'acharnement que les stations de basses et moyennes montagnes montrent à développer la neige de culture est inconséquent. Ces installations sont coûteuses - elles impliquent bien souvent des fonds publics sous forme de subventions. Mais à long terme, elles vont s'avérer inutiles. Il ne suffit pas d'avoir un canon à neige pour produire, il faut avoir des températures suffisamment basses et la fenêtre de températures favorables à la fabrication de la neige va en se restreignant et elle touche surtout la basse et moyenne montagne. Plutôt que de se remettre en question et d'investir maintenant dans un autre type de tourisme, ces stations s'entêtent à maintenir leur équipement (ce qui est logique: le tourisme en montagne est uniquement organisé autour du ski et des stations, si une station "abandonne" le ski, elle abandonne de fait l'activité de tourisme). Cette situation pose accessoirement de gros problèmes de péréquation d'aménagement et de développement sur l'ensemble du territoire entre communes "touristiques" et les autres, qui n'arrivent pas à développer une activité touristique propre.

dimanche 30 août 2009

INFOS DE BABETH ROULET DES VERTS

tournesol

José Bové convoqué au tribunal de Béziers pour un arrachage d'un pied de mais 810 dans Hérault en 2007!

Consultez le site du nouvelobs:nouvelobs.com;article de Denis Robert sur Clearstream et les paradis fiscaux;

Consultez le site:www.ecolosphere.net;

et sur www.sera.asso.fr (santé et environnement en Rhône-Alpes)

mercredi 19 août 2009

ECOLOGIE OU BARBARIE

août 2009 Écologie ou barbarie

par Noël Mamère

L’actualité récente vient de nous apporter de nouvelles preuves des liens indissociables entre les questions que soulèvent les écologistes et les droits de l’Homme : la dernière condamnation de Aung San Suu Khuy, par la junte Birmane et le coup d’État institutionnel du président du Niger qui vient de trafiquer sa Constitution pour rester plus longtemps au pouvoir. Quel rapport avec l’écologie ? Regardons d’un peu plus près : ces deux pays sont riches de matières premières qui intéressent les pays du Nord au plus haut point et la France en particulier ; le bois et le pétrole en Birmanie, l’uranium au Niger. Deux sociétés françaises sont concernées au premier chef : Total, l’un des plus gros investisseurs en Birmanie, pour l’exploitation des hydrocarbures ; Areva au Niger, pour l’extraction de l’uranium nécessaire à l’alimentation des centrales nucléaires. Selon la fédération internationale des droits de l’Homme, Total verse chaque année 140 millions d’euros de royalties à la junte qui fait aujourd’hui l’objet de l’indignation mondiale. Quant à Areva, elle remplit les caisses d’un régime qui opprime ses opposants et mène une répression sanglante contre les populations Touaregs, là où se trouvent justement les gisements d’uranium.

Voilà qui explique sans doute la tartufferie du président Français qui, au lendemain de la condamnation de la « dame de Rangoon », appelait à des sanctions « tout particulièrement dans le domaine de l’exploitation du bois et des rubis »… Mais qui s’empressait d’oublier le pétrole, pour mieux protéger Total et nos approvisionnements en hydrocarbures si nécessaires à notre société de consommation à outrance. Après le référendum truqué du 4 août au Niger, silence radio. Le président Tandja peut tricher tranquillement, torturer ses opposants, nous avons trop besoin de son uranium pour nos centrales nucléaires et pour affirmer haut et fort, sans craindre le mensonge d’État, que grâce à elles, nous sommes indépendants.

Autrement dit, pour poursuivre un mode de vie et de consommation, pour assumer des choix -comme le nucléaire-, qui n’ont jamais été débattus démocratiquement par la société, nous nourrissons des dictateurs sanguinaires, qui tuent des moines, enferment un prix Nobel, font travailler des enfants et conduisent des guerres contre leurs minorités ; nous sacrifions la liberté des peuples à nos intérêts mercantiles et à notre mode de développement. Au nom de la préservation de notre confort, nous sommes prêts à sacrifier les idéaux des Lumières. L’égoïsme est devenue la valeur dominante qui efface toutes les autres. Et c’est ainsi que progresse l’apartheid planétaire qui ruine les sociétés et menace la Terre elle-même, soumise à l’appétit insatiable des prédateurs sans foi ni loi. C’est pourtant dans ce monde que nous vivons, où les plus pauvres, les « damnés de la terre », voient leurs libertés de plus en plus menacées et leur survie de plus en plus incertaine ; où les victimes des injustices sociales et les plus démunis sont aussi les premières victimes des injustices environnementales ; où 20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources. À cause de ces inégalités de plus en plus insupportables, de plus en plus révoltantes, la vulnérabilité du monde prospère et, avec elle, la montée des incertitudes, des peurs, des violences, symboles de la fragilité d’une puissance que nous pensions capable de tout maîtriser.

Ce monde-là est en faillite. Si nous tentons de le préserver tel qu’il est, nous courons tous à notre perte, riches comme pauvres ; l’avenir radieux que nous promettaient les Trente Glorieuses et, aujourd’hui la « croissance verte » – nouveau logo du capitalisme aux abois – virera au cauchemar. On ne peut donc s’accommoder de « bricolages » sur une maison lézardée ou de pansements verts appliqués à un grand corps malade. Le rétablissement d’un monde plus juste pour nos générations et celles qui vont nous suivre est au prix d’une véritable révolution écologique et sociale. C’est bien ce que proposent les écologistes depuis des décennies, derrière des penseurs comme Illich, Ellul, Gorz, Fournier, Charbonneau, Jouvenel, Dumont… Qui se souvient de La Gueule Ouverte, premier journal écologiste français qui, dans la confidentialité militante de l’époque, prônait le modèle de société que nous avons défendu avec succès au cours des dernières élections européennes ? Nous n’avons rien inventé, nous n’avons rien dit d’autre que ce que nous répétons élection après élection, colloque après colloque, débat après débat… Mais, pour la première fois dans notre courte histoire politique, notre imaginaire a rencontré la société. En nous écoutant parler de notre projet, du monde dont nous rêvons pour nos enfants, les Français nous ont dit « chiche ! » et nous ont donné les moyens de peser beaucoup plus fort dans les débats politiques d’aujourd’hui et de demain. Nous devons saisir cette main tendue et nous battre avec les moyens de la démocratie pour que l’écologie ne soit plus considérée comme une figure politique de catégorie B, mais comme un outil de transformation politique et sociale à part entière, au même titre que le socialisme le fut au début du XXe siècle. Il ne s’agit pas de se lancer dans une bataille de concurrence qui serait suicidaire pour toute la gauche française, mais de montrer que la conversion écologique de nos sociétés est le passage obligé vers un monde moins injuste et plus respectueux de son environnement indispensable à la survie des hommes.

Voilà pourquoi les semaines et les mois qui viennent vont être déterminants pour l’avenir de l’écologie politique. Nous devons tenir et tenir encore sur la ligne du rassemblement, ne pas nous laisser emporter par nos petites querelles de chapelle. Chacun sait que le diable niche dans les détails et si nous avions dû en rester là pour la composition des listes aux élections européennes, jamais nous n’aurions pu présenter cette alliance des belles personnes qui, de Dany à Eva, de José à Yannick, de Jean-Paul à Michèle, a conquis les Français. Les Verts ont fait preuve d’une grande intelligence politique à cette occasion, qu’ils ne l’oublient pas au moment des élections régionales ! Nous devons rester les moteurs du rassemblement des écologistes et de tous ceux qui croient en notre projet de société mais qui ne veulent pas entendre parler de parti. C’est à nous, tous ensemble, de définir les contours de ce nouvel objet politique, si nous ne voulons pas qu’il reste dans l’histoire comme un joli météore qui traversa la galaxie politique en ce début d’été 2009 et disparut dans la magma des accords d’appareil. La profondeur de la crise écologique et sociale que nous traversons est telle que nous ne pouvons rater ce rendez-vous avec l’histoire. À nous d’être à la hauteur de cette lourde, mais exaltante, responsabilité.

lundi 20 juillet 2009

Corinne LEPAGE : ni droite ni gauche . . . .

Pour alimenter le débat ; Ci dessous Réflexion de Corinne Lepage

Source Marianne 2.fr La mue politique

Comment imaginer un instant que la crise globale qui nous envahit laisserait de côté le politique, qu’il s’agisse de l’organisation ou du projet ? La réalité est qu’il existe aujourd’hui deux manières de voir le monde. La première consiste à adapter à la marge (plus ou moins grande) le système actuel. Cette conception a pour elle le mérite du pragmatisme et le succès qu’elle rencontre encore (qui peut se mesurer au succès des droites européennes lors des dernières élections) s’explique par une forme de sécurité virtuelle qu’elle offre. On connaît ce qui était et on espère y retourner avec des améliorations que chacun apprécie en fonction de sa situation personnelle. La locution « retour de la croissance » est le talisman de cette vision que partagent libéraux et socialistes attachés à un système productiviste, dans lequel la dégradation des ressources naturelles et de la qualité, voire la dignité de vie, sont secondes par rapport au progrès économique qui doit porter avec lui le progrès social.

La seconde manière est celle du XXIe siècle. Elle repose sur l’acceptation de « l’enfermement planétaire », pour reprendre l’expression d’André Lebeau, c’est-à-dire de la finitude du monde qui exige de repenser en totalité nos modes de production et de consommation mais aussi notre comptabilité et notre organisation. L’évolution soutenable, qui impose de définir, en fonction du caractère durable ou non de l’activité, sa pérennité et sa trajectoire, est seule à même de répondre au défi majeur du XXIe siècle, celui de la survie de l’humanité. Dans cette seconde vision, qui est destinée au cours de ce siècle à devenir la première, la « politique autrement » comme le « vivre autrement » deviennent la pierre angulaire de cette nouvelle construction politique pour laquelle nul ne peut prétendre à la légitimité pour la bonne et simple raison que tout est à écrire et à faire. Le processus décisionnel, et avant lui conceptuel, doit donc suivre de nouvelles voies, combinant le « bottom up » et le « top down », autrement dit imaginant une double dynamique partant de la base et du sommet, dans une organisation qui n’a plus rien à voir avec, en particulier, la structure d’apparatchiks des partis politiques, qui se partagent des postes d’autant moins nombreux que le cumul des mandats reste une réalité bien française. La décentralisation économique, énergétique, politique est au cœur de cette deuxième voie dans un rapport entre global et local qui doit être revisité pour faire du territoire non plus le réceptacle des décisions prises dans le cadre mondialisé, mais la première pierre d’une construction qui s’inscrit dans un mouvement global. La transparence des choix, la probité des acteurs, un Etat de droit effectif et efficace sont la garantie du système.

Entre ces deux visions du monde, la question n’est pas de se reconnaître de droite ou de gauche en fonction de critères qui sont obsolètes puisqu’ils reposent sur un présupposé commun : la croissance infinie. La question est de savoir si les choix du XXe siècle peuvent être prolongés ou si le XXIe siècle est radicalement nouveau. Oui, le choix est binaire entre Anciens et Modernes, mais il transcende les partis traditionnels et conduit à l’émergence d’une nouvelle force, démocratique et écologiste, solidaire et humaniste, qui reste à construire.

Corinne Lepage est députée européenne, vice-présidente du MoDem et présidente de Cap21.

jeudi 18 juin 2009

HOMMAGE A JOSIANE : POEME LU PAR SON FILS LORS DE SON DERNIER DEPART

Il meurt lentement celui qui...

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère, Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !

Pablo Neruda

dimanche 8 juin 2008

LES AMENAGEMENTS ROUTIERS ONT TOUJOURS LE VENT EN POUPE EN HAUTE-SAVOIE

Bonneville : un pont neuf en amont (9 millions d'€) bientôt un autre pont neuf en aval (7 millions d'€), demi-échangeur (12 millions d'€). Et si les embouteillages aux heures de pointe ne diminuent pas avec un pont de chaque côté, on fera quoi ? L'avantage de la mise à trois voies Bonneville-Marignier (7 millions d'€), c'est que ça permet d'arriver plus vite dans les embouteillages. Et tant pis pour les platanes. Dans la croissance il n'y a pas de place pour la nostalgie. Deux-demi échangeurs (12 millions d'€). Cette vallée de l'Arve n'est plus qu'un chantier permanent dans un raisonnement à très court terme. Combien de ces travaux auraient pu être évités tout simplement si l'autoroute était gratuite ?

>>Joseph Grillet

vendredi 6 juin 2008

COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE DE PAUL ARIES au FSD 2008

LA DECROISSANCE -

Samedi 31 mai 08 – Annemasse

Dans le cadre du Forum Social Départemental.

Paul Ariès : politologue, rédacteur en chef du magasine « Sarkophage ». Est entré dans la « décroissance » suite à un travail sur les sectes pour un rapport officiel commandité par l’OMS.

Préambule

  • Le mot de décroissance est un « mot  obus », c’est une provocation dont l’objectif est de décoloniser l’imaginaire, d’amener à réfléchir sur le dogme de la croissance. Le terme de décroissance est imparfait et devra, à terme, être remplacé. Mais pour le moment, il remplit son bien son rôle et de toute façon…… personne n’en a encore proposé de meilleur !
  • La société de décroissance ne serait pas une société parfaite. Elle n’éviterait pas les conflits. Elle aurait aussi son lot de misères. Mais les objecteurs de croissance sont réalistes, une société parfaite n’existe pas.

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mardi 3 juin 2008

TRAVAILLER PLUS POUR PRODUIRE QUOI ?

« La faute aux 35h, les français sont des fainéants, il faut se mettre au travail ». La valeur travail est une valeur honorable que la société libérale et de consommation a largement dévalorisée (on gagne des millions d’€ à la TV en répondant à des questions débiles ou en grattant un bout de papier, ou en revendant une entreprise à des fonds de pension, où en échappant à la fiscalité solidaire …). Travailler, faire des efforts, se donner du mal… OK. Mais pour faire quoi ? Pour produire des biens de consommation qui doivent durer le moins de temps possible ? Pour produire des biens « jetables » qui nous empoisonnent et détruisent notre terre ? Produire pour produire parce que c’est ça qui « fait de l’emploi et de la croissance » ? De la croissance pour quoi ? Pour qui ?

Et si on travaillait moins ? Si les produits duraient plus longtemps, si la pub était taxée et ne nous incitait pas à acheter des trucs inutiles, du superflu, à jeter et à racheter … Et si on avait le temps de faire des choses soi-même (en travaillant !!) au lieu de les acheter ? Et si on faisait des échanges (les S.E.L* existent) – nous aurions besoin alors de moins d’argent et de moins travailler et nous pourrions dans une société solidaire partager le travail en produisant des choses utiles dont on peut être fier : des panneaux solaires, des légumes sains et savoureux, des locomotives, des parterres de fleurs sans engrais ni pesticides…..

Et si la France devenait leader mondial dans ce domaine ? 

Utopique ? La marche de notre monde ne l’est-elle pas ?

Alors je repose la question : travaille plus, ok, mais pour produire quoi et pour aller où ? 

(*) SEL : système d’échange local. Echanges de biens, de savoirs et de services.

>>Martine Léger


lundi 2 juin 2008

ENNEIGEMENT ARTIFICIEL, NEIGE DE CULTURE : UNE ABERRATION ECOLOGIQUE ET ECONOMIQUE

D’une technique qui devait à l’origine simplement remédier aux possibles déficiences de l’enneigement naturel, on passe progressivement à une technique dont le rôle est d’assurer l’enneigement principal. L’enneigement artificiel devient même un argument de promotion pour certaines stations. Face à l’augmentation des coûts, les pouvoirs publics sont de plus en plus sollicités pour participer au financement (une piste enneigeable d’un hectare requiert 140 000 € d’investissements).

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