AME : taxer les plus pauvres parmi les pauvres
Le gouvernement ne sait plus quoi faire pour renflouer les caisses vides
de
l’Etat. A défaut de faire participer les plus fortunés comme Mme
Bettencourt
à l'effort collectif, il préfère, taxer les bénéficiaires de l’AME
(allocation médicale de l’Etat).
Lors de son audition par la Commission des finances du Sénat, le 16 juin,
Madame Roselyne Bachelot a déclaré vouloir proposer « une contribution
forfaitaire de 15 euros » pour tous les adultes bénéficiaires de l’AME.
Elle
a expliqué que les dépenses de l’AME étaient en augmentation, nécessitant
100 millions de plus que prévu fin 2009, et une « même dynamique » début
2010.
L’Aide médicale de l’État (A.M.E.) est destinée à permettre l’accès
aux
soins des personnes en situation irrégulière et à faible niveau de revenu
qui ne disposent d’aucune couverture sociale, à condition de résider en
France depuis plus de trois mois.
La mesure proposée consiste à rechercher des fonds auprès des populations
les plus précaires du pays, celles qui n’ont pas de papiers, qui ne
peuvent
toucher ni allocation familiale ni allocation logement, qui vivent dans
la
précarité et l’insalubrité, voire dans la rue.
Après avoir essayé de supprimer l’AME sans succès, le gouvernement à
réussi
à restreindre son usage.
Cette mesure, si elle était adoptée, serait une restriction de plus.
A défaut d’être efficace d’un point de vue économique (elle rapporterait
au
maximum 3 millions d’euros), elle serait cohérente en termes de
communication, dans la droite ligne de la logorhée sarkozyste qui
s'applique
constamment à désigner des boucs émissaires pour expliquer les
dysfonctionnements sociaux et économiques qui traversent notre pays.
La mesure proposée aura surtout pour conséquence de rejeter les personnes
les plus en difficulté, celles qui ne pourront pas réunir 15 euros et
qui,
par conséquent, ont le plus besoin d'une assurance médicale gratuite. Tôt
ou
tard, ces personnes finiront par se retrouver en urgence dans les
hôpitaux
pour des états de santé graves.
Elle revient à sacrifier la santé d'êtres humains au nom d'une idéologie
politique rétrograde.
C’est une mesure, à la fois injuste, inefficace, démagogique et
absolument
contraire aux besoins de santé publique du pays.
Elle doit impérativement être retirée.

La newsletter de
Europeecologie.fr, 15 mai 2009

